défaveur


défaveur
(dé-fa-veur) s. f.
   Perte de la faveur.
   Courtisan morfondu, frénétique et rêveur, Portrait de la disgrâce et de la défaveur, RÉGNIER Sat. III.
   La défaveur et la pauvreté ne lui sont point fâcheuses, quand il les souffre, BALZ. 5e Disc. sur la cour..
   .... Dans la défaveur et l'abandonnement, TRISTAN Mariane, IV, 5.
   Une société qui n'était pas de celles que la faveur attire et que la défaveur éloigne, MARMONTEL Mém. liv. X..
   Discrédit. La défaveur des effets publics.
   DÉFAVEUR, DISGRÂCE. Disgrâce dit plus que défaveur. La défaveur c'est simplement la perte de la faveur ; mais la disgrâce est quelque chose de plus ; elle implique non-seulement la perte de la faveur, mais aussi la perte des grâces, des choses gracieuses qui étaient possédées, telles que fortune, emplois, position sociale. La défaveur où était Fénelon ne l'empêchait pas d'être archevêque de Cambrai ; la disgrâce où tomba Fouquet amena sa ruine et son emprisonnement.
   XVIe s.
   Et comme M. de la Fleur, avec une mine fort dedaigneuse, en tournant l'eschine, montroit au frater toutes sortes de deffaveurs, D'AUB. Faen. III, 12.
   Desertion qui fut telle defaveur [dommage] pour le roy que vous pouvez estimer, veu mesmement que le camp de l'ennemy n'estoit logé qu'à demy mille de nous, M. DU BELL. 116.
   Il me suffit, soubz la faveur de la fortune, me preparer à sa desfaveur, MONT. I, 281.
   Les Atheniens, pour apparier la desfaveur de ces deux actions [enfanter et mettre à mort], ayants à mundifier l'isle de Delos et se justifier envers Apollo, deffendirent aux pourpris d'icelle tout enterrement et tout enfantement ensemble, MONT. III, 361.
   Dé.... préfixe, et faveur.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.