délire


délire
(dé-li-r') s. m.
   Égarement d'esprit causé par maladie. Un délire aigu, chronique.
   Comme si vous eussiez été en délire, SÉV. 528.
   Dans le langage médical, perversion de l'entendement, causée soit par la fièvre, soit par les boissons alcooliques, soit par une lésion idiopathique des fonctions cérébrales, et qui fait que le malade associe des idées incompatibles, et prend ces idées ainsi alliées pour des choses réelles ; désordre des facultés intellectuelles avec ou sans altération des facultés morales.
   Fig. Égarement. Le délire de l'esprit, de l'imagination, des passions. Porter la passion jusqu'au délire.
   Je vois l'emportement de cet affreux délire, VOLT. Irène, V, 3.
   N'auriez-vous pas voulu pour gouverner l'empire, Que j'eusse de Caton consulté le délire ?, VOLT. Catil. V, 6.
   Et que t'aura produit ton vêrtueux délire ?, M. J. CHÉN. Gracques, III, 4.
   Enthousiasme, fureur poétique. Un sublime délire.
   De tes esprits émus le délire s'empare, LEMERC. Agamemn. IV, 5.
   Cassandre dans l'excès d'un délire sacré...., LUCE DE LANCIVAL Hector, II, 3.
   XVIe s.
   Les signes qui demonstrent le diaphragme estre blessé, sont pesanteur au lieu blessé, delire, c'est à dire perturbation de raison, PARÉ VIII, 32.
   Lat. delirium, de delirare, délirer.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.