expédient


expédient
expédient 1.
(èk-spé-di-an) adj. m.
Qui expédie, facilite, profite. Il était expédient de faire cela.
   Vous seul [Dieu] savez ce qui m'est expédient, vous êtes le souverain maître, faites ce que vous voudrez, PASC. Prière pour l'us. des maladies.
   Ne croyant pas que tout ce qui était permis fût expédient, FLÉCH. M. de Mont..
   Si tout leur est permis, tout n'est pas expédient, MASS. Carême, Mélange..
   Quand le prince lui a dit [à un citoyen] : Il est expédient à l'État que tu meures...., J. J. ROUSS. Contr. soc. II, 5.
   Expédient n'est employé qu'au masculin et avec le verbe être. Il n'y a cependant aucune raison pour ne pas en user comme dans les siècles passés, lui donner un féminin et l'employer ainsi que tout autre adjectif.
   XIVe s.
   Que pour notre vie faire bonne, il est miex et plus expedient dire et prononcier que delettacion est malvese chose, ORESME Eth. 294.
   Ordonnances justes et expedientes, ORESME Thèse de MEUNIER..
   XVIe s.
   L'Estat de France est maintenant si attenué et affoibli, qu'il ne seroit pas expedient qu'il se departist de ces alliances, LANOUE 379.
   Provenç, expedien ; espagn. espediente ; ital. espediente ; du latin expedire, être utile, proprement dégager, de ex, hors, et pes, pedis, pied : tirer le pied hors. D'après Palsgrave, p. 9 (XVIe siècle), on prononçait euzpedient.
————————
expédient 2.
(èk-spé-di-an) s. m.
   Moyen de se tirer d'embarras, d'arriver à ses fins. L'expédient qu'ils ont pris en cette circonstance.
   Quel est l'expédient que Caton me propose ?, MAIR. Mort d'Asdr. v, 2.
   Il y a d'autres personnes [que les avocats] à consulter, qui sont bien plus accommodantes, qui ont des expédients pour passer doucement par-dessus la loi et rendre juste ce qui n'est pas permis, MOL. Mal. imag. I, 9.
   Le trop d'expédients peut gâter une affaire.... N'en ayons qu'un, mais qu'il soit bon, LA FONT. Fabl. IX, 14.
   Vous avez trouvé des expédients pour rendre la confession douce, PASC. Prov. 12.
   Être fécond, fertile en expédients, être habile à imaginer toutes sortes de moyens de sortir d'embarras.
   Tout cela s'est fait par mon génie, fertile en expédients, FÉN. Dial. des morts mod. 19.
   Cette fertilité d'expédients vient moins d'étendue et de force de génie que de défaut de force et de justesse pour savoir choisir, FÉN. ib..
   Pour toi, de qui l'esprit et délicat et fin, Prompt en expédients, en ressources fertile, Découvre d'un coup d'oeil les moyens et la fin, CHAUL. Au marquis de la Fare..
   Il se prend souvent en mauvaise part pour indiquer une mesure qui tire d'embarras pour le moment, mais laisse subsister la difficulté. Ce n'est là qu'un expédient, ce n'est pas une solution.
   Au plur. Moyens onéreux et extrêmes qu'on emploie pour se procurer de l'argent. Il est aux expédients.
   Le malheur de vous être trouvé chargé de dettes de famille très considérables qui vous ont forcé d'en faire encore de nouvelles et de recourir à des expédients aussi onéreux que désagréables, VOLT. Lett. Morangiès, 30 oct. 1772.
   Quoiqu'elle fût sans cesse aux expédients pour vivre, J. J. ROUSS. Confess. V.
   Ancien terme de pratique. Sorte de conciliation dans laquelle les parties se concertaient d'avance sur la décision que le juge devait rendre. Jugement d'expédient, jugement rendu sur l'accord des parties.
   XIVe s.
   Pour le commun expedient [avantage], ORESME Thèse de MEUNIER..
   XVe s.
   ....Ne sait on trouver nul expedient, COMM. I, 16.
   XVIe s.
   Cest expedient leur sembla très bon pour pacifier leur dissention presente, AMYOT Numa, 5.
   Expédient 1.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
2. EXPÉDIENT. Ajoutez : - REM. On a dit l'expédient de.... avec un infinitif.
   Les courtisans n'emploient pas ce qu'ils ont d'esprit, d'adresse et de finesse, pour trouver les expédients d'obliger ceux de leurs amis qui implorent leur secours, LA BRUY. VIII.
La locution est bonne et commode.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.