fait


fait
fait, aite 1.
(fè, fè-t') part. passé de faire.
   Formé, exécuté. L'homme fait à l'image de Dieu. Un tertre fait de main d'homme. Ce tailleur vend des habits tout faits.
   Familièrement. Ce n'est ni fait ni à faire, se dit d'un travail mal fait, et, particulièrement, d'un travail littéraire, d'une rédaction, etc.
   Fig.
   Suivez le roi, seigneur, votre ambassade est faite, CORN. Nicom. III, 2.
   Je pourrais décider, car ce droit m'appartient ; Mais rapportons-nous-en. - Soit fait, dit le reptile, LA FONT. Fabl. X, 2.
   C'est une nouvelle, une histoire, un conte fait à plaisir, la nouvelle, l'histoire est controuvée, le conte n'a rien de vrai.
   C'est un grand pas de fait, on a beaucoup avancé ce dont il s'agit.
   C'est judicieusement fait à lui, il a agi judicieusement.
   C'est fort bien fait à vous, MOL. le Fest. I, 2.
   Tout est fait, rien autre n'est nécessaire.
   Dans toutes les assemblées qui s'étaient tenues jusqu'alors dans le parti, dès que Luther y était et qu'il avait parlé, Mélanchthon nous apprend lui-même que les autres n'avaient qu'à se taire, et tout était fait, BOSSUET Var. IV, § 33.
   On croit que tout est fait quand on a rempli ce devoir, MASS. Carême, Culte..
   Voilà qui est fait, la chose est décidée.
   Voilà qui est fait, votre frère va nous quitter, SÉV. 63.
   Oh ! voilà qui est fait ; je renonce à toutes les femmes et à tous les trésors du monde, MARIVAUX Surpr. de l'amour, I, 2.
   Voilà qui est fait, je n'aimerai plus d'impératrice de ma vie, VOLT. Lett. à Catherine, 138.
   Cela vaut fait, c'est comme si la chose était faite.
   Il suffit que le mort soit venu m'en instruire ; Cela vaut fait...., HAUTEROCHE le Deuil, sc. 5.
   On dit de même. Tenez cela pour fait.
   Aussitôt dit, aussitôt fait, se dit pour exprimer que l'action suit aussitôt la parole.
   Familièrement. C'est fait pour moi, cela semble fait pour moi, n'est fait que pour moi, cela n'arrive qu'à moi, en parlant de désagréments, de malheurs.
   On dit de même : C'est un fait exprès, c'est comme un fait exprès.
   Se pourrait-il.... elle aussi.... c'est donc un fait exprès, PICARD Trois quartiers, II, 13.
   C'est une affaire faite, exprime que la chose est terminée, et aussi qu'il n'y a plus à revenir là-dessus.
   Est-ce fait ? se dit communément pour demander si une chose est achevée.
   C'est fait, se dit pour avertir que la chose est achevée.
   Est-ce fait ? se dit dans les jeux des enfants pour demander si celui qui doit chercher peut commencer ; en cas d'affirmation, on répond : fait.
   Bien fait, mal fait, ayant le corps bien ou mal proportionné.
   Si pour toucher son coeur j'étais assez bien faite, CORN. Agésil. II, 7.
   Il est noble chez lui, bien fait de sa personne, MOL. Tart. II, 3.
   Bien fait de corps, LA FONT. Mandr..
   Cela serait plaisant que votre fille ne fût pas bien faite, SÉV. 19.
   Fait à peindre, dont le corps est tellement bien fait qu'il mériterait de servir de modèle à un peintre.
   C'était une grande fille faite à peindre, qui se mettait bien, qui marchait comme une déesse, HAMILT. Gramm. ch. 9.
   On dit dans le même sens : fait à plaisir, fait à ravir, fait au tour ou au moule.
   Avoir la taille bien faite, mal faite, avoir une belle taille, une vilaine taille. Avoir la jambe bien faite, mal faite, bien, mal conformée.
   Ironiquement. Cela lui rend la jambe bien faite, se dit de quelque chose dont on tire avantage, mais qui ne peut être d'aucune utilité.
   Constitué, disposé.
   Je ne sais pas comme sont faites vos beautés d'Asie, mais je vous assure que cinq ou six des plus belles personnes de l'Europe sont devenues amoureuses de vous, VOIT. Lett. 121.
   Des Parthes le mieux fait d'esprit et de courage, CORN. Suréna, I, 1.
   Le sort avait raison, tous gens sont ainsi faits ; Notre condition jamais ne nous contente, LA FONT. Fabl. VI, 11.
   Dire d'un, puis d'un autre, est-ce ainsi que l'on traite Les gens faits comme moi ? me prend-on pour un sot ?, LA FONT. ib. IV, 16.
   On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un coeur soumis à son empire, MOL. Femmes sav. II, 3.
   Il ajoute qu'il est fait ainsi et qu'il dit ce qu'il pense, LA BRUY. V.
   Voyez, mon cher Télémaque, comme les hommes sont faits ! vous voilà tout désolé parce que vous avez vu votre père sans le reconnaître, FÉN. Tél. XXIV.
   Les hommes sont faits de façon qu'ils veulent bien commettre le mal, mais ils ne veulent pas qu'on le leur prêche, VOLT. Dict. phil. Fraude..
   Les ennuyeux et les pervers Composent ce vaste univers ; Le monde est fait comme la France, VOLT. Épît. 92.
   Messieurs les Parisiens s'imaginent toujours que le reste de la terre est fait comme le faubourg Saint-Germain et le quartier du Palais-Royal, VOLT. Lett. Thibouville, 11 janv. 1776.
   Mon cher et respectable ami, comment donc sont faits les grands hommes, si celui-là [le roi de Prusse] n'en est pas un ?, VOLT. Lett. d'Argental, 1 sep. 1750.
   Il faut avouer que, s'il y a eu de la raison dans sa conduite, cette raison n'était pas faite comme celle des autres hommes, VOLT. Russie, II, 1.
   Esprit bien fait, mal fait, personne dont la raison est, n'est pas saine et droite.
   C'est aux rois, c'est aux grands, c'est aux esprits bien faits...., CORN. Hor. v, 3.
   Les choses les plus simples ne se font pas d'elles-mêmes, et elles se font toujours mal par les esprits mal faits, FÉN. Éduc. des filles, 13.
   Je sais que tous les lieux sont égaux pour les esprits bien faits, mais il n'en est pas de même quand les esprits bien faits ont des coeurs sensibles, VOLT. Lett. Chauvelin, 25 août 1763.
   On dit dans un sens analogue, avoir le coeur bien fait.
   Consultez-vous, et soyez mes témoins, Ô mes lecteurs ! ou consultez du moins Ces coeurs bien faits, où la vertu sincère Ne fut jamais une plante étrangère, MALFIL. Narcisse, ch. I.
   Avoir la tête mal faite, être bizarre, déraisonnable.
   Constitué en une certaine dignité.
   Les princes à faire ne peuvent se passer de ces gens-là [les bons conseillers], et les princes faits en ont grand besoin, BALZ. De la cour, 1er disc..
   Habitué.
   Mais votre bras au crime est plus fait que le mien, CORN. Rodog. V, 4.
   Car les femmes y sont faites à coqueter, MOL. Éc. des f. I, 6.
   Il y a soixante ans que j'y suis accoutumé [à la calomnie], mais je n'y suis pas encore entièrement fait, VOLT. Lett. à d'Alembert, 108.
   Être fait pour, être propre à, capable de. Cet homme n'est pas fait pour un pareil emploi.
   Une duchesse de Berry était faite pour lui céder ses dames [à la duchesse de Bourgogne], quand il lui plairait de les vouloir prendre, SAINT-SIMON 269, 136.
   Cette manière d'écrire n'est pas faite pour aller à la postérité, VOLT. Phil. III, 107.
   Un homme que la perte trouble.... un homme avare ne sont pas plus faits pour jouer, que ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinaison, VAUVENARGUES Du jeu..
   Destiné.
   Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser, LA FONT. Fab. III, 1.
   Ses maximes [du duc de Bourgogne] étaient que les rois sont faits pour les sujets, et non les sujets pour les rois, DUCLOS Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. V, p. 51, dans POUGENS..
   Non, non le consulat n'est point fait pour son âge, VOLT. Brutus, II, 4.
   De ce bonheur qui semblait fait pour tous, Le beau Narcisse, Écho, sa belle amante, Sont privés seuls par un pouvoir jaloux, MALFIL. Narcisse, ch. II.
   N'être fait que pour, être destiné seulement à.
   Ce que je vous dis là au reste n'est fait que pour vous, mademoiselle ; vous le sentez bien, MARIV. Marianne, IIe part..
   Habillé, arrangé.
   Suis-je fait en voleur ou bien en assassin ?, CORN. Suite du Ment. 1, 1.
   Je suis dehors, faite comme un loup-garou, SÉV. 231.
   La véritable reine reprenait un teint frais et vermeil ; mais elle était crasseuse, court-vêtue et faite comme un petit torchon qu'on a traîné dans les cendres, FÉN. t. XIX, p. 5.
   Comme le voilà fait ! se dit de quelqu'un plus mal vêtu, plus mal arrangé que d'ordinaire, et aussi de quelqu'un qui n'a pas aussi bon visage que d'habitude.
   Dieu, comme êtes-vous fait !, RÉGNIER Sat. XI.
   Comme le voilà fait ! Débraillé, mal peigné, l'oeil hagard...., REGNARD Joueur, I, 7.
   On dit de même : être fait comme un voleur.
   Être fait comme il plaît à Dieu, se dit d'une personne dont les vêtements sont en désordre.
   Accompli.
   On n'a jamais pris le deuil des enfants de la reine quand ils n'avaient pas sept ans faits, SAINT-SIMON 299, 73.
   Homme fait, homme arrivé à la force de l'âge.
   Il [le peuple] ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus, MONTESQ. Esp. IV, 5.
   En vérité, je suis presque amoureux Non d'une jeune enfant, mais d'une femme faite, COLLIN D'HARL. Vieux célib. IV, 2.
   C'est déjà un homme fait, en parlant d'un jeune garçon qui grandit, qui devient sage, capable.
   Je me croyais déjà un homme fait, FÉN. Tél. III.
   Terme de manége. Cheval fait, qui n'est plus jeune et qui est dressé.
   Il se dit aussi des choses qui ont atteint leur plus haut point.
   Votre style est devenu comme on peut le souhaiter ; il est fait et parfait, SÉV. 145.
   Quelques gens de lettres dont la réputation soit faite et dont le témoignage ait du poids, GENLIS Veillées du château t. III, p. 105, dans POUGENS.
10°   Qui est à point pour être mangé. De la viande faite. Le fromage est fait.
11°   Terme de marine. Vent fait, vent qui a déjà soufflé quelque temps dans un certain rumb et qu'on croit devoir durer.
   On dit de même : temps fait. Le flot, le jusant sont faits, lorsque le courant en a atteint sa vitesse moyenne.
12°   Phrase faite, phrase consacrée dans sa construction et dans laquelle on ne peut rien changer. Les idiotismes sont des phrases faites.
   Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin et dont l'on se sert pour se féliciter les uns les autres sur les événements, LA BRUY. VIII.
   Mot fait, mot autorisé par l'usage. Ce mot est fait, n'est pas fait.
13°   À prix fait, à prix convenu.
   Les impudicités les plus monstrueuses avaient leur prix fait, VOLT. Moeurs, 127.
14°   Toutes charges faites, toutes charges payées.
   La Silésie, laquelle vaut par an à son vainqueur quatre millions sept cent mille écus d'Allemagne, toutes charges faites, VOLT. Lett. Thiriot, 9 oct. 1742.
15°   C'en est fait, la chose est accomplie.
   Mais puisque c'en est fait, le mal est sans remède, CORN. Cid, II, 1.
   C'en est fait : on dira que Phèdre trop coupable De son époux trahi fuit l'aspect redoutable, RAC. Phèd. III, 3.
   C'en est fait, se dit aussi pour indiquer une résolution irrévocablement prise. C'en est fait, je m'expatrie.
16°   C'est fait de moi, je suis perdu.
   C'est fait de votre vie et je vous le promets, CORN. Nicom. v, 7.
   S'il m'échappait un mot, c'est fait de votre vie, RAC. Bajaz. II, 1.
   Mentor m'abandonne, c'est fait de moi, FÉN. Tél. VII.
   On trouve aussi : C'en est fait de.
   Nous sommes tous perdus, c'en est fait d'Israël, RAC. Esth. I, 3.
   C'en était fait de lui et de son armée, si sa bonne fortune ne lui eût envoyé Varron, ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. I, p. 433, dans POUGENS.
   La locution c'en est fait de.... n'est pas grammaticalement explicable ; on oublie le rapport exprimé par en, et on l'exprime de nouveau par de ; il y a pléonasme vicieux ; et, bien que Racine et Rollin s'en soient servis, il ne faut pas les imiter.
17°   Terme de beaux-arts. Le bien fait, le mal fait, l'exécution bonne ou mauvaise d'un tableau, d'un dessin, particulièrement en ce qui concerne les détails et leur arrangement.
PROVERBES
   Ce qui est fait est fait, quand une chose est accomplie, il faut en prendre son parti.
   Ce qui est fait n'est pas à faire, quand on peut faire une chose, il ne faut pas la différer à un autre temps ; et aussi, il ne faut pas revenir sur ce qui est fait. Vous critiquez, vous dites qu'il fallait s'y prendre autrement, mais ce qui est fait n'est pas à faire.
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fait 2.
(fè ; le t se lie ; un fè-t accompli ; au pluriel, l's se lie : les fè-z accomplis) s. m.
   Chose faite, acte, action. Chacun répond de son fait.
   Saisir un fait par un mot, et le caractère et les moeurs d'une nation par un fait, STAËL Corinne, XI, 4.
   Pour fait d'outrage aux enfants d'Henri Quatre, De par le roi payez dix mille francs, BÉRANG. Dix mille francs..
   Venir au fait, passer à l'acte.
   .... Notre galant n'étale Un long narré ; mais vient d'abord au fait, LA FONT. Magn..
   Au fait et au prendre, au moment d'agir, de parler, etc.
   Prendre quelqu'un sur le fait, le surprendre dans l'acte même qu'il commet.
   Fig.
   Ah ! disait-il, j'ai pris la nature sur le fait, mais il se trompait sur les apparences, ce qui n'arrive que trop, soit qu'on se serve ou non des microscopes, VOLT. Microm. 5.
   Convenir de ses faits, s'entendre d'avance sur ce qu'on fera.
   Cette dame et celui-ci convinrent de leurs faits par l'entremise de la duègne, LESAGE Guzm. d'Alf. ch. 3.
   Cela est du fait d'un tel, c'est un tel qui en est l'auteur.
   S'il y a de la contradiction, elle est du fait de la nature, et non pas du mien, J. J. ROUSS. Conf. XII.
   Au plur.
   Belles actions, exploits Elle [mon amitié] est comme tes faits, sans borne et sans mesure, ROTR. Bélis. II, 6.
   Quelqu'autre te dira d'une plus forte voix Les faits de tes aïeux et les vertus des rois, LA FONT. Fabl. Dédicace..
   Les faits de guerre ne sont pas trop amusants, et je dis hardiment qu'il n'y a rien de si ennuyeux qu'un récit de batailles inutiles, qui n'ont servi qu'à répandre vainement le sang humain, VOLT. Lett. Mme du Deffant, 22 févr. 1769.
   On le joint souvent en ce sens avec une épithète.
   Traçant l'histoire De tes faits laborieux, MALH. II, 2.
   L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan, CORN. Cid, I, 3.
   Si par d'illustres faits on peut les mériter, RAC. Théb. V, 3.
   .... Poursuis, Néron, avec de tels ministres Par des faits glorieux tu vas te signaler, RAC. Brit. v, 6.
   Faits et gestes d'une personne, se dit, par plaisanterie, de sa conduite.
   Fait de guerre, acte qui a le caractère de guerre entre nations.
   Il se dit aussi pour combat : C'est un brillant fait de guerre.
   Voie de fait, acte par lequel on s'empare violemment d'une chose ; acte de rigueur.
   Il traita durement le peuple par voie de fait, BOSSUET Hist. III, 7.
   Par extension, coups portés, blessure faite par la violence ; en ce sens il se dit surtout au pluriel.
   Terme de palais. Prendre le fait de quelqu'un, prendre fait et cause pour quelqu'un, intervenir en cause pour lui.
   Dans le langage commun, se déclarer pour quelqu'un, prendre son parti.
   Vous lui faites trop d'honneur de prendre son fait et cause, SÉV. 514.
   Toute chose qui arrive, qui a lieu. Ces faits ne laissent aucun doute sur sa culpabilité. Un fait avéré et public. Dénaturer les faits.
   Comme mon intention est de vous faire observer dans cette suite des temps celle de la religion et celle des grands empires ; après avoir fait aller ensemble, selon le cours des années, les faits qui regardent ces deux choses...., BOSSUET Hist. Dessein général..
   Après cela, quelque partie de l'histoire ancienne que vous lisiez, tout vous tournera à profit ; il ne passera aucun fait dont vous n'aperceviez les conséquences, BOSSUET ib..
   On ferait des volumes immenses de tous les faits célèbres et reçus dont il faut douter, VOLT. Dict. phil. Histoire..
   Je hais les petits faits, assez d'autres en ont chargé leurs énormes compilations, VOLT. Lett. Hénault, 8 janv. 1752.
   Faits accomplis, questions jugées par l'événement, et qui sont, ou peuvent, ou doivent être tenues pour terminées, des faits sur lesquels il n'y a plus à revenir. Doctrine des faits accomplis, règle en politique, par laquelle on accepte ce qui est fait et accompli.
   C'est un étrange fait, c'est une chose étrange.
   C'est un étrange fait, qu'avec tant de lumières, Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières, MOL. Éc. des f. IV, 8.
   L'événement, le cas, l'espèce dont il s'agit dans une contestation, dans une discussion, dans une plaidoirie. Il parla pendant une heure sans dire un mot du fait.
   Et je sais même sur ce fait [garder un secret] Bon nombre d'hommes qui sont femmes, LA FONT. Fabl. VIII, 6.
   Si vous, maître et fermier, à qui touche le fait, Dormez sans avoir soin que la porte soit close, Voulez-vous que moi, chien...., LA FONT. ib. XI, 3.
   Pourquoi dire qu'il y a plus de chrétiens que de musulmans sur la terre ? on sait que le fait est au moins très douteux, VOLT. Cons. à Louis Rac..
   Aller au fait, venir au fait, s'occuper du point de la discussion. Venez au fait, et, elliptiquement, au fait.
   M. Claude allait au fait et se présentait à la difficulté sans reculer, BOSSUET Conf. avec Claude, 2.
   Cette question n'allait pas au fait, HAMILT. Gramm. 8.
   Au fait, est ma devise, VOLT. Lett. d'Argenson, 28 juill. 1739.
   Familièrement. Aller au fait, venir au fait, en venir à l'essentiel, au principal, à l'intéressant.
   Cette pauvre B*** est devenue passionnée de l'insensible C*** ; il l'a vue s'enflammer ; d'abord il a été au fait, et lui a fait mettre en gage ses perles pour soutenir un peu la bassette, SÉV. 400.
   Elliptiquement. Au fait, c'est-à-dire que voulez-vous de moi ?
   En un autre sens, tout bien considéré.
   Au fait, que risqué-je ? Au fait, pourquoi pensionner Ma muse indépendante et vraie ?, BÉRANG. Refus..
   Erreur de fait, se dit quand on s'appuie sur un fait qui n'est pas réel.
   C'est un fait à part, c'est un autre fait, c'est autre chose, c'est une autre affaire.
   Albert : Hé bien ! bonjour, te dis-je. - Mascarille : Oui, mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polidore. Albert : Ah ! c'est un autre fait ; ton maître t'a chargé De me saluer ?, MOL. Dép. amour. III, 2.
   Le fait est que.... la vérité est que....
   C'est un fait, cela est de fait, il est de fait que, c'est-à-dire il est constant, reconnu que. Il est de fait que Cicéron parla ainsi.
   Comment croire que son épouse ne l'ait jamais aimé ? c'est un fait pourtant, GENLIS Mlle de la Fayette, p. 260, dans POUGENS.
   On dit dans le même sens : C'est un point de fait.
   C'est un point de fait, les hommes dégénèrent, FONTEN. Socrate, Montaigne..
   Mettre, poser en fait, avancer une proposition comme incontestable.
   Je mets en fait qu'une honnête femme ne la [la comédie de l'École des femmes] saurait voir sans confusion, MOL. Critique, 3.
   Je mets en fait que, si tous les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde, PASC. Pensées, t. I, p. 283, édit. LAHURE..
   Je mets en fait qu'il n'y a aucun peuple chez lequel il soit juste, beau, convenable, honnête, de refuser la nourriture à son père et à sa mère quand on peut leur en donner, VOLT. Philos. ignor. quest. 32.
   Familièrement. Pour la rareté du fait, à cause de la singularité de la chose.
   On dit de même : pour la beauté du fait.
   .... Je voudrais, m'en coûtât-il grand'chose, Pour la beauté du fait, avoir perdu ma cause, MOL. Mis. I, 1.
   Être sûr de son fait, être sûr de ce qu'on avance ou du succès de ce qu'on entreprend.
   Si le roi le peut voir [mon projet], je suis sûr de mon fait, MOL. Fâcheux, III, 2.
   Descartes est si sûr de son fait quand il se trompe grossièrement en physique, que je dois me défier de ce qu'il me dit sur l'âme, VOLT. Phil. ignor. 5.
   Être sûr de son fait signifie aussi obtenir une certitude. Il surprend sa femme, et le voilà sûr de son fait.
   Entendre bien son fait, être habile dans sa profession.
   Être au fait, être instruit d'une chose, habitué à un travail. Ce domestique est au fait du service.
   D'abord il a été au fait, SÉV. 400.
   Qui les aurait vues sans être au fait des intrigues de la cour, aurait cru qu'elles étaient les meilleures amies du monde, Mme DE CAYLUS Souvenirs, p. 119, dans POUGENS.
   Le garde, ravi de trouver un brave de sa province, qui ne paraissait pas au fait des usages de la cour, VOLT. l'Ingénu, 9.
   Lorsqu'on est au fait, comme j'y suis, du commerce des fers, on dirait qu'en France on a fait un pacte général de ne se servir que de ce qu'il y a de plus mauvais en ce genre, BUFF. Min. t. VII, p. 87.
   La Bruyère a dit, au même sens, être dans le fait :
   Leur avez-vous lu un seul endroit de l'ouvrage ; c'est assez, ils sont dans le fait et entendent l'ouvrage, LA BRUY. I.
   Mettre au fait, instruire de quelque chose, habituer à, former à.
   Je voudrais mettre au fait celui qui me suivra, Lui laisser mes projets, GRESSET le Méch. I, 2.
   Se mettre au fait, s'instruire de quelque chose, s'y faire, s'y former. Mettez-vous au fait de ma situation.
   Mon âme s'instruisait de tout ce qui pouvait l'affliger, elle se mettait au fait de ses malheurs, MARIVAUX Marianne, 3e part..
   Terme de jurisprudence. Il se dit par opposition à droit. La possession de fait ; la possession de droit. Moyens de fait ; moyens de droit. Dans toutes les affaires on distingue le fait et le droit ; le fait consiste dans ce qui est arrivé, et le droit dépend de l'application de la loi au fait dont il est question, lorsque ce fait est certain.
   Pépin fut proclamé roi et sacré par Boniface, archevêque de Mayence ; jamais révolution ne s'opéra avec moins d'effort et de bruit : Pépin possédait le pouvoir ; le fait fut converti en droit, GUIZOT Hist. de la civil. 19e leçon..
   Question de fait, point de fait, se dit par opposition à question de droit, point de droit.
   On examine deux questions, l'une de fait, l'autre de droit, PASC. Prov. 1.
   Gouvernement de fait, gouvernement régissant un pays, sans tenir son mandat du droit qui fait les souverains.
   Terme de procédure. Faits et articles, les faits sur lesquels, en matière civile, l'une des parties fait interroger sa partie adverse. On l'a interrogé sur faits et articles.
   Faits admissibles et pertinents, ceux qui, appartenant à la cause, peuvent être admis à la preuve. Faits justificatifs, ceux qu'un accusé allègue pour sa défense. Faits nouveaux, ceux qui n'ont pas encore été allégués au procès.
   Toute chose dont on a reconnu, constaté la réalité. Les sciences reposent sur l'observation des faits.
   Il voyait les faits d'autant plus sûrement qu'il ne les voyait point au travers d'un système déjà formé, qui eût pu les changer à ses yeux, FONTEN. Mery..
   Les faits sont dans les sciences ce qu'est l'expérience dans la vie civile, BUFF. Ois. t. XII, p. 109, dans POUGENS.
   Ces phénomènes, dont l'explication a toujours paru difficile, sont de nouvelles preuves de notre théorie et montrent la liaison avec les grands faits de l'histoire du globe, BUFF. Minér. t. IX, p. 103, dans POUGENS.
   Tout ce qui a l'air de faits a droit d'en imposer ; il ne suffit point de s'inscrire en faux contre de telles choses ; il faut prouver qu'elles sont fausses, BONNET Consid. corps organ. Oeuvres, t. VI, p. 500, dans POUGENS..
   Les faits et les objets nous instruisent beaucoup mieux que les livres, GENLIS Veillées du chât. t. I, p. 149, dans POUGENS.
   Dans le langage strictement scientifique. Fait, tout attribut ou propriété d'un corps brut ou organisé, reconnu par l'observation immédiate.
   Ce qui concerne quelqu'un, ce qui lui est spécial.
   Mais puisque tout le monde est aveugle en son fait, RÉGNIER Sat. XV.
   Tout son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie, MOL. Tart. I, 1.
   Je crains fort pour mon fait quelque chose approchant, MOL. Amph. II, 3.
   Chez la devineuse on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait : Son fait consistait en adresse, Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, LA FONT. Fabl. VII, 15.
   L'armée étant une fois établie, elle ne doit pas dépendre immédiatement du corps législatif, mais de la puissance exécutrice ; et cela par la nature de la chose, son fait consistant plus en action qu'en délibération, MONTESQ. Espr. II, 6.
10°   Conduite.
   La cave et le grenier, Du fait des soeurs maintes choses apprirent, LA FONT. Mazet..
   En raisonnant sur le fait des nonnains, LA FONT. ib..
   Il y a un peu de folie, de malice dans son fait, c'est-à-dire sa conduite témoigne de quelque folie, de quelque malice.
   Il y avait plus d'ambition que de religion dans son fait, BOSSUET Var. 10.
11°   Ce qui est convenable à quelqu'un. Cet emploi serait bien son fait.
   Critiquer gens m'est fort nouveau, Ce n'est mon fait, LA FONT. Court..
   J'ai ton fait, MOL. l'Ét. v, 16.
   Le mariage n'est guère votre fait, MOL. Mar. f. 2.
   Et ce n'est pas mon fait que les choses d'esprit, MOL. Femm. sav. III, 2.
   Ce n'est point là, mon frère, le fait de votre fille, et il se présente un parti plus sortable pour elle, MOL. Mal. imag. III, 3.
   On dit qu'il n'y a rien de plus beau, voilà votre fait, SÉV. 83.
   Une femme si connue du roi [la maréchale de Rochefort] et si fort à toutes mains, était son vrai fait pour mettre auprès de Mme la duchesse de Chartres, SAINT-SIMON 3, 53.
   J'ai peur qu'il ne soit difficile à remplacer [Thiriot] ; il était tout votre fait, VOLT. Lett. Roi de Prusse, 214.
   Ce prétendu ami du genre humain, n'est mon fait que quand il dit : Aimer l'agriculture, VOLT. Lett. Cideville, 25 nov. 1758.
   À tes voeux ma raison s'oppose, Un long roman n'est plus mon fait, BÉRANG. Romans..
12°   La part qui revient à quelqu'un. Donner à quelqu'un son fait. On a partagé la succession, chacun a eu son fait.
   Par extension.
   Chacun son fait, nul n'a tout en partage, LA FONT. Mul..
   Fig. Donner à quelqu'un son fait, se venger de lui, le battre dans une discussion, dans une lutte, dans un combat.
   Avoir son fait, recevoir quelque mécompte, quelque revers, quelque châtiment.
   Ton homme a son fait, MOL. Éc. des mar. II, 5.
   Pour le pauvre frère Girard, Il avait eu son fait à part, LA FONT. Cord..
   À force de s'exposer il aura son fait, SÉV. 44.
   En un autre sens, avoir son fait, recevoir un mauvais compliment.
   Chacun a son fait, sans qu'il ait eu l'intention de le lui donner, LA BRUY. V.
   Je lui ai bien dit son fait, je lui ai dit ce que je pensais de lui.
   Il me donna un soufflet, mais je lui dis bien son fait, MOL. Pourc. I, 6.
   Grâce à mes créneaux, à mes arsenaux, Je puis au préfet Dire un peu son fait, BÉRANG. Carabas..
13°   Le bien, la fortune de quelqu'un.
   Son fait, dit-on, consiste en des pierres de prix : Un grand coffre en est plein, LA FONT. Fabl. X, 10.
   Le malheureux n'osant presque répondre, Court au magot, et dit : c'est tout mon fait, LA FONT. Paysan..
   Bienheureux celui qui a tout son fait bien placé, MOL. l'Av. I, 4.
   Les beaux habits, monsieur, mangent mon petit fait, TH. CORN. l'Amour à la mode, I, 5.
   Un vagabond, qui mange tout son fait, DANCOURT Moul. Javelle, sc. 17.
14°   Dans le fait, loc. adv. Réellement, effectivement. Malgré les apparences, c'est, dans le fait, un homme dangereux.
15°   Par le fait, même sens. Il se trouva, par le fait, maître de tout le pays.
16°   De fait, loc. adv. En réalité, véritablement.
   Un homme qui fût homme et de fait et de mine, RÉGNIER Sat. XIV.
   De fait, en effet, certainement.
   De fait, la défiance où madame se treuve Ne peut venir d'ailleurs que d'un manque d'épreuve, MAIRET Sophon. III, 2.
   Et de fait, même sens.
   Et de fait, l'Espagne était policée et commerçante, tandis que la Germanie était encore inculte, BUFF. Min. t. v, p. 303, dans POUGENS.
17°   En fait de, loc. prép. En ce qui concerne. Maître en fait d'armes. Expert en fait de procès.
   L'autre était passé maître en fait de tromperies, LA FONT. Fabl. III, 5.
   Il se surpasse en fait de chansons, SÉV. 417.
   Tout ce qui est nécessaire et honnête en fait de politique, HAMILT. Gramm. 6.
   En fait de procédés, on est bien près du mépris, quand on a droit à l'indulgence, DUCLOS Consid. moeurs, ch. 4.
   Princes, en fait de religion, obéissant plus aux peuples que les peuples ne leur obéissent, VOLT. Moeurs, 180.
   En fait de vin, qu'on se montre savant, BÉRANG. Mort viv..
18°   Populairement. Si fait, loc. adv. Au contraire, quand on veut affirmer ce qu'un autre nie.
   Je n'y entends rien ; si fait pourtant, j'y entends quelque chose, J. J. ROUSS. Hél. IV, 2.
   Si fait, non fait, termes durs et mal polis, DE CAILLIÈRES 1690.
Si fait se dit encore ; non fait ne se dit plus.
19°   Tout à fait, loc. adv. Entièrement.
   Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait, CORN. Poly. II, 6.
   Théglath-Phalasar, premier roi d'Assyrie ou de Ninive, qui réduisit à l'extrémité le royaume d'Israël, et détruisit tout à fait celui de Syrie, BOSSUET Hist. I, 7.
PROVERBE La bonne volonté est réputée pour le fait.
   XIIe s.
   Al roi Marsille [il] a touz les faix contez, Ronc. p. 69.
   Seignor, dit l'apostoles [le pape], moult est honteus ces fais [ce fait], Sax. XV.
   Al jour del jugement, quant Dex tiendra ses plais, Auront li pecheor grant gaaing de lor fais [bonnes actions], ib..
   XIIIe s.
   Bien voient qu'il auront de leur fait la deserte [récompense], Berte, XCIV.
   Quiconques vous tiegne pour sage, je vous tieng pour fol, et bien sai que jou meïsmes serai blasmés pour vostre fait, H. DE VALENC III .
   Et li vaillans hons tant m'amoit, Qu'en tous ses fais me reclamoit, la Rose, 6206.
   Il renoncerent de fet à toutes les cozes temporex dehors lor eglises, BEAUMANOIR LVI, 1.
   Mais bien se gart li maris qui tele venjance veut pendre [prendre] de se [sa] feme, qu'il ne laisse passer le fet present, BEAUMANOIR XXX, 104.
   Le [la] quinte cause si est, se cil à qui le [la] dette est demandée, a esté sousaagiés, et on li demande du fet de ses devanciers, BEAUMANOIR VIII, 7.
   Et sachiés que ce fu un tres biau fait d'armes, JOINV. 226.
   Quant il laisse le prologue et vient au fait, et dit la propre chose sur quoi est l'achoisons et la matiere de tot son conte, BRUN. LATINI Trésor, p. 517.
   Toutes choses qui sont en nos [nous] par nature, sont premierement en pooir, et puis en fait, BRUN. LATINI ib. p. 266.
   XIVe s.
   Tout le fait, tout le negoce de vertu moial et de politiques, ORESME Eth. 40.
   Or dittes vostre fait, j'en ai dit ma partie, Guesclin. 8645.
   XVe s.
   E+ passerent outre à ce mardi au matin tous ceux de l'avant-garde, et à fait [à mesure] qu'ils venoient, ils se logeoient en la ville, FROISS. II, II, 184.
   Il estoit ordonné que ces gens d'armes devoient aller de fait [de force] en la maison de Jean de Lyon, FROISS. II, II, 54.
   De fait avisé [à dessein], FROISS. I, I, 189.
   Là eut, je vous dis, de premier fait, de belles joustes et de grandes appertises d'armes, FROISS. II, II, 5.
   Brievement, on ne vit oncques tant de bonnes gens, chevaliers et escuyers qui là estoient, estre perdus à si peu de fait ; car chacun fuyoit qui mieux mieux, FROISS. I, I, 230.
   Et ne se voulut conjoindre en ces defiances [défis], et dit qu'il feroit son fait à part lui à temps et à point, FROISS. I, I, 79.
   Or convint là les Anglois souffrir et endurer grand peine, car leurs ennemis estoient quatre contre un et toutes gens de fait et de mer, FROISS. I, I, 122.
   Nous leur [aux Gantois] avons octroyé que.... nous les aiderions.... contre tous ceux qui par voie de fait les voudroient grever, FROISS. II, II, 241.
   Et de fait messire Seret de Poix fut rué jus par les gens au duc d'Orliens, FENIN 1414.
   Or ai-je esté pris sur le fait, Je ne le puis jamais nier, Patelin.
   Et espie et enquiert, dont il fait que foul ; car noble cuer de homme ne doit point enquerir du fait des femmes, Les 15 joyes du mariage, p. 65.
   Escripre et mettre par memoire ce que j'ay sceu et congneu des faicts du roy Louis, COMM. Prol..
   Si le jeune prince s'est allé perdre, ne perdons pas sa maison ni le fait de son pere ni le nostre, COMM. I, 13.
   Le roy estoit trop puissant et avoit son fait bien acoustré, COMM. III, 2.
   .... Bien montez et bien armez et qui jà longtemps avoient exercé le fait de la guerre, COMM. IV, 1.
   Et quant le roy nostre maistre eust entendu le fait de la mer aussi bien qu'il entendoit le fait de la terre, jamais le roy Edouard ne fust passé [en France], COMM. IV, 5.
   XVIe s.
   Je parle devant ceux qui estoient au fait, ausquels il en souvient, et qui peuvent cestuyci dedire s'il ment, M. DU BELLAY 225.
   La force de l'amitié se montre bien plus richement en son faict, qu'en celuy d'Aretheus, MONT. I, 217.
   Si je feusse nay d'une complexion plus desreglée, je crains qu'il feust allé piteusement de mon faict, MONT. II, 123.
   Seroit-il vray que pour estre bon à faict [entièrement], il nous le faille estre par naturelle proprieté ?, MONT. II, 124.
   Tout à faict, MONT. I, 251.
   C'est le fait d'un bon mesnager, de...., LA BOÉTIE 112.
   Les jeunes hommes se trouverent estonnez, et restiverent un petit quand ce vint au faict et au prendre, AMYOT Pélop. 66.
   S'il estoit besoing que toute une trouppe de gens de cheval tournast ensemble à demy ou à faict, AMYOT Philop. 11.
   Provenç. fag, faig, fait ; catal. fet ; espagn. hecho ; portug. feito ; ital. fatto ; du latin factum, fait, neutre de factus, participe passif de facere.

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.

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  • Fait — (frz. fä), That, Thatsache; f. accompli (fäht akonplih) vollendete Thatsache …   Herders Conversations-Lexikon

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  • fait — 1. fait, faite [ fɛ, fɛt ] adj. • 1690; de 1. faire 1 ♦ Qui est constitué, a tel aspect. ♢ Quant au physique. Être bien fait, mal fait. ⇒ 1. bâti, fam. foutu. Il est bien fait de sa personne. Une femme bien faite. ⇒ girond (cf. fam. Bien balancée …   Encyclopédie Universelle

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  • fait — I. Fait, [fai]te. part. pass. Il a les significations de son Verbe. Cela fait il s en alla. On dit prov. Aussi tost dit aussi tost fait, pour dire, que L execution suit de prés la parole, la promesse, l ordre; & Cela vaut fait, pour dire, qu On… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • fait — pp. => Faire. E. : Ajouter, Né. A1) adj., mal fait, mal construit, fait grossièrement et sans goût, fait d une manière grossière et sans solidité ; provisoire : aposticho, a, e (Annecy, Gruffy, Thônes), R. => Rebord, D. Postiche. B1) v. ,… …   Dictionnaire Français-Savoyard