fin


fin
fin 1.
(fin) s. f.
   Celle des deux extrémités où une chose cesse d'exister, en parlant soit de l'espace, soit de la durée. L'espace n'a ni commencement ni fin.
   Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de fin, LA FONT. Fabl. IX, 5.
   Et vos ravissements ne prendraient point de fin, MOL. Tart. I, 6.
   Votre malheur par là trouve une heureuse fin, TH. CORN. Ariane, III, 3.
   Toutes les choses de ce monde prennent fin, SÉV. 265.
   Vous n'en trouverez pas sitôt la fin, SÉV. 407.
   La censure tire à sa fin, BOSSUET Lett. quiét. 71.
   Le ciel sembla promettre une fin à ma peine, RAC. Bérén. I, 4.
   Quoique Arsinoé fût plus âgée que Ptolémée, et trop vieille, quand il l'épousa, pour avoir des enfants, il l'aima tendrement et constamment jusqu'à la fin, ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. VII, p. 454, dans POUGENS.
   Avant la fin de la journée, Ils [les oeufs] montaient à plus d'un cent, LA FONT. Fabl. VIII, 6.
   Je suis l'homme qui accoucha d'un oeuf ; il en avait pondu cent avant la fin de la journée, VOLT. Lett. Caperonier, 1er juin 1768.
   On sait, on croit du moins que cette princesse aimait la paix, au moins sur la fin de ses jours, D'ALEMB. Lett. au roi de Prusse, 15 déc. 1780.
   L'autorité de la Grande-Bretagne sur l'Amérique doit tôt ou tard avoir une fin, ainsi le veut la nature, la nécessité et le temps, RAYNAL Hist. phil. XVIII, 44.
   Les fins de lune, les époques mensuelles où la lune n'est plus visible.
   J'observerai ce régime à toutes les fins des lunes, SÉV. 378.
   Mettre fin à, faire cesser.
   Attendant qui des deux mettra fin à ma peine, RÉGNIER Élég. I.
   Pour mettre fin aux désordres, BOSSUET Hist. 1, 9.
   Le carnage fut horrible et dans le camp et hors du camp et sur les vaisseaux ; la nuit seule y mit fin, ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. v, p. 208, dans POUGENS.
   Mettre à fin, achever, accomplir.
   Amadis de Gaule, sous le titre de damoisel de la mer, mit à fin ses plus belles aventures, VOIT. Lett. 46.
   Un homme qui.... sait mettre noblement à fin les aventures les plus difficiles, MOL. Pourc. I, 4.
   Pourras-tu mettre à fin ce que je me propose ?, MOL. l'Ét. I, 10.
   Faire une fin, se fixer, et, en particulier, se marier.
   Mlle de Lutzbourg, n'ayant rien vaillant que beaucoup d'esprit et d'adresse, voulut faire une fin comme les cochers, et fit si bien qu'elle l'épousa [des Alleurs], SAINT-SIMON 50, 94.
   Il faut faire une fin, monsieur : je vais me rendre mari d'une certaine Lisette, REGNARD Attendez-moi sous l'orme, sc. 1.
   Mais après cinquante ans on est bien aise enfin De vivre un peu tranquille ; il faut faire une fin, COLLIN D'HARLEV. Optimiste, v, 2.
   Et pour faire une fin je me fais procureur, LEGRAND Famille extravag, sc. dern..
   Familièrement. N'avoir ni fin ni cesse, ne pas cesser, ne pas finir. C'est un travail qui n'a ni fin ni cesse.
   Terme de musique. Fin se met ordinairement à la fin d'une reprise dans un morceau, pour indiquer qu'après avoir recommencé les reprises, comme il est indiqué, on doit finir le morceau à ce mot. Souvent, au lieu de fin, on met en italien fine.
   Mort.
   Au jour de sa transfiguration, il [Jésus] s'entretient de la fin tragique qu'il devait faire à Jérusalem, BOSSUET Serm. I, Quinq. 2.
   Par cette fin terrible et due à ses forfaits...., RAC. Athal. v, 8.
   Aussitôt que ce roi eut fait une fin digne de ses crimes, FÉN. Tél. VIII.
   Telle fut la fin de Socrate, la première année de la XCVe olympiade, et la soixante et dixième de son âge, ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. IV, p. 441, dans POUGENS.
   Si vous renvoyez votre conversion à la fin, non-seulement vous ne pourrez plus le chercher [Jésus-Christ], mais quand vous le pourriez...., MASS. Car. Impén. fin..
   Malheureusement pour eux ce monarque imprudent [Sébastien] eut une fin funeste, RAYNAL Hist. phil. IX, 3.
   Telle vie, telle fin, veut dire que les méchants finissent mal.
   Faire une bonne fin, une belle fin, mourir dans des sentiments de piété et de repentir.
   M. de Saint-Hilaire a fait une très belle fin, MAINTENON Lett. d'Aubigné, 10 oct. 1685.
   Fig.
   Jamais je ne vis, en pareille matière, de vanité qui fit une bonne fin, MARIV. Paysan parv. 1re part..
   Tirer à la fin, à sa fin, être près d'expirer.
   Ses domestiques qui la voyaient tirer à sa fin, J. J. ROUSS. Conf. II.
   Fig.
   Une mer pleine de monstres, des eaux croupissantes où la nature tirant à la fin venait comme rendre les abois, VAUGELAS Q. C. 515.
   Fin, au sens actif, extermination.
   Marche, Va les détruire [les protestants], éteins-en la semence, Et suis jusqu'à leur fin ton courroux généreux, MALH. II, 12.
   Terme de chasse. Être sur ses fins, se dit du cerf las et près de se rendre, et aussi de la bête qui va mourir.
   Lorsqu'on aperçoit les trappes tombées, on court aux fins de la bête ; un loup ou un renard, les reins à moitié cassés, montre aux chasseurs ses dents blanches, CHATEAUBR. Amér. Chasse..
   Fig.
   Une passion d'hiver est bien usée, et elle tire diantrement sur ses fins quand le mois de mars arrive, DANCOURT Retour des officiers, sc. 5.
   Ce qu'on se propose pour but, le terme d'une action.
   Pour obtenir nos fins, n'aspirons point si haut, ROTR. St Genest, V, 2.
   À quelque heureuse fin que tendent ses projets, Jamais il ne fait bien au gré de ses sujets, ROTR. Vencesl. I, 1.
   Comment gagner les confidents d'amours.... Jusques au chien : tout y fait quand on aime ; Tout tend aux fins, LA FONT. Mandr..
   Faites semblant de consentir à ce qu'il veut, vous en viendrez mieux à vos fins, MOL. l'Av. I, 7.
   Ainsi l'on voit que, dans les ténèbres du monde, on les suit [les choses] par un aveuglement brutal, que l'on s'y attache, et qu'on en fait la dernière fin de ses désirs ; ce qu'on ne peut faire sans sacrilége, car il n'y a que Dieu qui doive être la dernière fin, comme lui seul est le vrai principe, PASC. Lettre à Mme Périer, 1er avril 1648.
   Elle [la Providence] se sert de nos opinions pour nous mener à ses fins, SÉV. 456.
   Ce qui est désiré pour l'amour de soi-même et à cause de sa propre bonté s'appelle fin, BOSSUET Connaiss. I, 18.
   Ce n'est pas la fin qui sert au moyen, mais le moyen qui sert à la fin, BOURDAL. 5e dim. après la Pentec. t. II, p. 461.
   La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance, LA BRUY. XI.
   Quelle fin on doit se proposer en gouvernant les hommes, FÉN. Tél. XXIV.
   Que vous ne jouez ce nouveau personnage que pour aller plus sûrement à vos fins, MASS. Carême, Resp. hum..
   Cette adresse avait son usage à plus d'une fin, J. J. ROUSS. Ém. II.
   Il connaît les fins et les moyens, BUFF. Quadr. t. I, p. 3, dans POUGENS.
   Combien d'oeufs dont il ne sort point d'oiseau ! la nature est si riche qu'elle ne regarde point à ces petites pertes ; et ce qui ne sert pas pour une fin, sert pour l'autre, BONNET Consid. corps org. Oeuv. t. v, p. 134, dans POUGENS..
   La fin justifie les moyens, se dit pour excuser des moyens coupables en considérant la bonté de la fin.
   Il y a bien quelque chose à dire contre la délicatesse dans ce que vous me racontez là ; mais la fin de l'action en sanctifie les moyens, et je vous absous pour toutes celles de même nature, VOLT. Dial. XXXI.
   Faire une chose à bonne fin, à mauvaise fin, la faire à bonne intention, à mauvaise intention.
   C'est à bonne fin [que je le fais], BOSSUET Lett. 253.
   À ces fins, afin d'effectuer l'objet qu'on se propose.
   On dit, au singulier : à cette fin. Le peuple dit souvent à celle fin (celle pour icelle), que beaucoup dénaturent en à seule fin.
   À toute fin, pour servir en tout cas.
   Je vous envoie à toute fin le procès-verbal, BOSSUET Lett. quiét. 486.
   Un cheval à toute fin, un cheval de selle et d'attelage à la fois.
   N'étant à autre fin, se dit, dans les lettres des princes et ailleurs, pour exprimer qu'elles n'ont pas d'autre objet que celui qui y est énoncé.
   Je pourrais finir ici ma lettre, n'étant à autre fin ; mais je veux vous demander...., SÉV. 27 janvier 1687.
   À telle fin que de raison (pour une fin telle que la raison indiquera), se dit, dans le style d'affaires, pour exprimer qu'on fait une chose sans savoir précisément à quoi elle servira, mais dans la prévision qu'elle pourra être utile. Faisons un état des lieux à telle fin que de raison.
   Dans le langage général, à telle fin que de raison, pour servir comme il conviendra, à tout événement.
   Il me faut, de ce pas, aller faire mes plaintes au père et à la mère, et les rendre témoins, à telle fin que de raison, des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne, MOL. G. Dand. I, 3.
   Sauf à faire les choses à telle fin que de raison, HAMILT. Gramm. 10.
   Le but auquel un être tend par sa nature.
   Parlez au diable, employez la magie, Vous ne détournerez nul être de sa fin, LA FONT. Fabl. IX, 7.
   Il [l'homme] devient à lui-même son principe et sa fin, FLÉCH. Serm. I, 99.
   Pour peu qu'on examine la nature de l'homme, ses inclinations, sa fin, il est aisé de reconnaître qu'il n'est pas fait pour lui seul, mais pour la société, ROLLIN Trait. des Ét. Disc. prél..
   Tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin, VOLT. Candide, 1.
   Vous avez très bien remarqué, madame, que la grande fin de l'homme est de réussir en société ; de bonne foi, est-ce par les sciences qu'on obtient ce succès ?, VOLT. Jeannot et Colin..
   Il est, dans la nature, des fins que la raison ne saurait méconnaître ; mais c'est surtout dans la structure des animaux qu'on découvre le plus de fins particulières et frappantes, BONNET Contempl. nat. 3e part. ch. 28.
   Il se dit aussi des choses.
   Cette nation connut la vraie fin de la politique, BOSSUET Hist. III, 3.
   Y eut-il jamais homme qui disposât mieux toutes choses à leur fin ?, FLÉCH. Tur..
   Saint Paul nous dit en termes clairs et précis que Jésus-Christ était la fin de la loi, ROLLIN Traité des Ét. 2e part. ch. 1, art. I.
   Nous voudrions être la fin de toutes les voies et de tous les desseins de Dieu, MASS. Myst. Soum..
   La fin est un effet qui a son principe, BONNET Essai analyt. âme, Oeuvres, t. XIII, ch. 17, p. 256, dans POUGENS..
   Terme de théologie. Les quatre fins de l'homme, la mort, le jugement, le paradis et l'enfer. Nicole a fait un traité des quatre fins de l'homme.
   Terme de procédure. Fin et, plus souvent, fins désigne toute espèce de demande, prétention ou exception présentée au tribunal par les parties. Les conclusions des parties demandent qu'il plaise au tribunal adjuger les fins de la requête. Le prévenu demande à être renvoyé des fins de la plainte.
   Fin de non-recevoir, refus d'admettre une action judiciaire, en prétendant, par un motif pris en dehors de la demande elle-même et de son mal fondé, que celui qui veut l'intenter n'est pas recevable dans sa demande.
   Dans le langage général, fin de non-recevoir, refus pour des raisons extrinsèques. Répondre par des fins de non-recevoir. Opposer des fins de non-recevoir.
   Fin de non procéder, se dit de toute exception dilatoire, déclinatoire, etc.
   En matière criminelle, fins civiles, les demandes présentées par la partie civile et tendant seulement à une condamnation pécuniaire.
   Terme de commerce et de banque. Fin courant, indique la fin du mois qui court, et fin prochain celle du mois prochain.
   On dit aussi : fin janvier, fin février, etc.
   À la fin, loc. adv. Enfin, après tout.
   Paissez, chères brebis, jouissez de la joie Que le ciel nous envoie ; à la fin sa clémence a pitié de mes pleurs, RACAN Chant de bergers..
   Sa présence à la fin pourrait être importune, RAC. Athal II, 7.
   Je vous répéterai encore ce que j'ai mandé à M. le duc de Choiseul, c'est que la vérité est la fille du temps, et que son père doit la laisser aller à la fin dans le monde, VOLT. Lett. Taulès, 21 mars 1768.
   Familièrement. À la fin des fins, en fin finale, même sens que enfin.
   En fin finale, une certaine enflure La contraignit d'allonger sa ceinture, LA FONT. Hermite..
   À la fin des fins vous nous en direz quelque petit mot, SÉV. 410.
   Sans fin, sans qu'il y ait de terme, de fin.
   Vous ne savez que trop que rien n'échauffe tant la poitrine que d'écrire sans fin et sans cesse comme vous faites, SÉV. 23 nov. 1688.
10°   En fin de compte, finalement.
PROVERBES
   La fin couronne l'oeuvre, c'est-à-dire, dans les entreprises, dans les affaires, on regarde le succès, et, s'il est bon, le reste est oublié. Cela se met aussi sur des ouvrages, sur des monuments, pour dire seulement : l'oeuvre est finie.
   Qui veut la fin veut les moyens, quand on veut une chose, il faut accepter les moyens ; on est responsable des moyens.
   En toute chose il faut considérer la fin, il ne faut pas s'engager dans une affaire sans en prévoir l'issue.
   En toute chose il faut considérer la fin, LA FONT. Fables, III, 5.
   XIe s.
   Or [je] te vei mort, tute en sui doleruse, Ço peiset mei que ma fins tant demoret, St Alexis, XCII.
   La fin du siecle qui nous est en present, Ch. de Rol. CIX.
   Promis nous est, fin [nous] prendrons à itant, ib. CXIV.
   Jointes ses mains [il] est alet à sa fin [est mort], ib. CLXXIII.
   Deus sait assez coment la fins en ert [sera], ib. CCLXXXII.
   XIIe s.
   [je] Ferai la fin de mes chansons oïr, Couci, XX.
   Que plus [je] ne doi à fin d'amours penser, ib..
   ....saint Thomas, qui encore ert seanz, E atendeit iluec mort e fin de ses anz, Th. le mart. 145.
   XIIIe s.
   Mais toutes voies fu la chose menée à tel fin que li empereres li otroia, VILLEH. CXII.
   Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus belle fin fist, VILLEH. XXIII.
   La fin du conseil fu tele qu'il distrent qu'il demorroient avec eus jusques à la feste Saint-Michel, VILLEH. LIX..
   Au commencement de toutes choses pense la fin, BRUN. LATINI Trésor, p. 347.
   Car cil qui bien ne fait, en la fin le compere [paye], Berte, IV.
   Que Dieu le gart et s'ame fasse à la fin merci, ib. LIX.
   Mais en la fin le sait Diex si à point merir [payer, rémunérer], ib. LXIII.
   Noz ne le volons pas nommer devant le [la] fin du livre, se Dix done que noz le metons à fin, BEAUMANOIR 13.
   Onques de corre [il] ne prist fin, Tant qu'il est à la croiz venus, Ren. 2302.
   En la fin de sa bataille venoit le conte de Soissons et monseigneur Pierre de Nouille, JOINV. 227.
   XIVe s.
   Celui qui donne et non pas pour bonne fin, il n'est pas liberal, mes doit estre appellé autrement, ORESME Eth. 404.
   Si comme de medecin la fin est santé...., ib. 2.
   Une huche [il] rompi, où un escrin trouva Où les joiaux sa mere, sachiez, estoient là.... Bertran mist tout à fin, à ses gens en donna, Guesclin. 659.
   Comme il se fait mauvais meller de larrochin, Ne convoitier aussi le [la] femme à son voisin ; On en vient, à le [la] fois [par fois], à très mauvaise fin, Baud. de Seb. VII, 744.
   XVe s.
   Ainsi comme ils ont d'usage à faire leurs saignées en Lombardie quandils veulent à un homme avancer la fin, FROISS II, II, 226.
   Messire Barbanoire, qui avoit fait maint meschef sur mer, et mis à fin maint Anglois, FROISS I, I, 22.
   Vous m'avez demandé tout premierement à quel fin il [le comte de Foix] garde tant d'argent, FROISS II, III, 9.
   Quant amours ot oÿ mon cas, Et vit qu'à bonne fin tendi, Il remit sa flesche au carcas, ALAIN CHART. Excusat. de maître Alain..
   En luy faisant assavoir que le dit accord.... n'estoit fait à aultre fin que pour l'aler destruire incontinent, J. DE TROYES Chr. 1469.
   Les buveurs d'eau ne font point bonne fin, BASSEL. LIV.
   Si fit tant à toutes fins que il eut congé d'aller de rechef en Prusse, Boucic. I, 17.
   On lui emplist, pour faire fin, D'ung très bon vin blanc de Baigneux ; Maistre François print les deux brocs, L'un après l'autre les bouta, VILLON Repues franches..
   Les choses qu'ilz avoient proposées qui estoient tendans à fin de paix, COMM V, 16.
   Tousjours taschoit le roy venir à fin de Bretagne, car il lui sembloit qu'elle estoit plus aysée à conquerir et de moindre deffence, COMM II, 2.
   Les requestes et fins des seigneurs estoient d'entrer dedans Paris pour...., COMM I, 8.
   Luy firent ung procès.... et en fin de compte luy trencherent la teste, COMM IV, 2.
   Et à la fin finale si en fist une [trefve] d'ung an, COMM III, 3.
   XVIe s.
   Ilz avoient saccaigé les fins maritimes de Olone, RAB. Garg. I, 50.
   Le long jeuner de tel façon les mine, Qu'à la parfin tombent morts de famine, MAROT IV, 28.
   Celuy qui pour sa fin [but] establiroit nostre peine et mesaise, MONT. I, 69.
   Prinse avecques moderation, la philosophie est plaisante, mais en fin [avec excès, poussée jusqu'à l'extrémité] elle rend un homme sauvage, MONT. I, 224.
   La riviere croissant tousjours vint à la fin à sortir de rive, AMYOT Rom. 4.
   Il vouloit hazarder tout chaudement la bataille, et alloit sollicitant à ces fins les chefs des bandes, AMYOT Cam. 63.
   Titus y envoya aussi de ses gens, solliciter pour luy à deux fins, AMYOT Flam. 10.
   Belle fin fait qui meurt en bien aimant, RONS. 91.
   La fin du monde approche, les bestes parlent latin, OUDIN Curios. fr..
   Provenç. fin, fi ; espagn. fin ; portug. fim ; ital. fine ; du lat. finem.
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fin, fine 2.
(fin, fi-n') adj.
   Qui est à l'état de pureté, épuré. Or, argent fin.
   Terme de monnaie et d'orfévrerie. Or fin, l'or parfaitement pur.
   Bijoux demi-fins, bijoux dont l'or est mêlé de moitié d'alliage.
   S. m. C'est du fin, c'est de l'or ou de l'argent. Faire le commerce de fin, acheter et vendre des matières d'or et d'argent.
   On dit aussi : le commerce de demi-fin ; faire le demi-fin.
   Grain de fin, bouton de fin, or ou argent obtenu par la coupelle.
   Or ou argent qui se trouve dans un alliage. Tirer tout le fin qui est contenu dans un alliage.
   Qui est de qualité supérieure. Sucre, vin fin. Épice, liqueur fine. Porcelaine fine. Aiguille fine. Martre fine.
   Herbes fines, nom donné à certaines plantes qui sentent bon comme le thym, la marjolaine, etc.
   Fines herbes, menues herbes qui servent aux assaisonnements, comme le cerfeuil, le persil, la pimprenelle, l'estragon.
   Fine fleur de farine, la farine la mieux débarrassée de tout le son.
   Fig.
   Près de Rouen, pays de sapience, Gens pesant l'air, fine fleur de Normands, LA FONT. le Remède..
   Fine fleur de la chevalerie, se dit, dans les romans de chevalerie, de l'élite des chevaliers, et parfois d'un chevalier accompli.
   Fig. C'est une fine épice, se dit d'une personne adroite, rusée.
   Véritable par opposition à faux, en parlant d'ouvrages de broderie, de pierres précieuses, de dentelles d'or et d'argent. Pierres fines. Une dentelle d'argent fin. Diamant fin. Une parure de perles fines.
   Se dit explétivement dans certaines locutions pour renforcer le sens du mot auquel il est joint. Le fin fond de la mer. Il vient du fin fond de la Russie.
   Le sang m'a remué jusqu'au fin bout de mes doigts, HAUTEROCHE le Deuil, sc. 6.
   Familièrement. En fin fond de forêt, dans l'endroit d'une forêt le plus écarté.
   Et nous fûmes coucher sur le pays exprès, C'est-à-dire, mon cher, en fin fond de forêts, MOL. les Fâch. II, 7.
   Fig. et familièrement. Le fin mot, le mot dernier, décisif par lequel une personne fait connaître son intention, ses vues. Ne nous faites plus attendre, dites-nous le fin mot.
   Le fin mot signifie aussi le véritable motif, le motif caché qu'on n'avoue qu'à la dernière extrémité.
   Il refuse cette place, c'est qu'il en voudrait une meilleure ; voilà le fin mot, Dict. de l'Acad..
   Il se joint dans le langage familier à quelques adjectifs. Fin seul, tout à fait seul.
   Étienne vit toute fine seulette Près d'un ruisseau sa défunte Tiennette [qui n'était plus sa femme], LA FONT. Troqueurs..
   Je suis ici toute fine seule, SÉV. 384.
   Populairement. Le fin premier, le premier de tous.
   D'un village ici près je suis le fin premier, BOURSAULT Fables d'Ésope, II, 6.
   Qui excelle en quelque qualité, en parlant des personnes.
   Un fin connaisseur que nous avons consulté prétend qu'en général ce qu'on appelle véritablement Japon a une couverture plus blanche et moins bleuâtre que la porcelaine de la Chine, RAYNAL Hist. phil. V, 27.
   Avec un sens ironique.
   Voilà sérieusement où en viennent les fins réformés : ils prononcent sans restriction que le prince n'a aucun droit sur les consciences, BOSSUET Déf. des Variations, 4.
   Un fin gourmet, celui qui sait bien apprécier les mets, les vins, les liqueurs.
   C'est une fine lame, c'est un habile tireur d'épée ; et fig. C'est une fine lame, c'est une femme adroite et rusée.
   Populairement. Une fine gueule, ou un fin bec, un homme qui aime les bons morceaux et qui s'y connaît.
   Terme de marine. Fin voilier, fin de voile, vaisseau allant bien à la voile et principalement au plus près du vent. Vous observerez que, vous donnant plusieurs vaisseaux fins de voile et nouvellement carénés, vous devez en tenir toujours à la découverte, afin que, sur le rapport qu'ils vous feront, vous puissiez prendre votre parti, Instruct. à M. de Château-Renault, 1696, dans JAL.
   Anciennement, fin de bouline, marchant bien à la bouline, tenant bien l'allure du plus près. Le comte d'Estrée et Chabert fondaient leur avis de ne pas aller plus avant sur ce qu'il manquait des vivres aux Jeux [nom du vaisseau que montait Villette] et sur ce que ce vaisseau n'était pas assez fin de bouline pour devoir entreprendre de l'engager dans une si grande étendue de mers, d'où l'on ne se tirait jamais qu'en pinçant le vent, Mém. mss. du marquis de Villette-Mursay, 1677, p. 54, dans JAL.
   Recherché, en parlant des mets. Un souper fin.
   Il fallait que les mets les plus exquis, le gibier le plus fin, les oiseaux les plus rares vinssent trouver le prince en quelque endroit du monde qu'il campât, ROLLIN Hist. anc. Oeuvres, t. II, p. 459, dans POUGENS.
   Partie fine, partie de plaisir où l'on met quelque mystère.
   Qui a délicatesse et élégance. Des contours fins et gracieux. Des traits fins.
   Ah ! cousin, qu'elle a le nez joli, Le minois égrillard, le cuir fin et poli !, REGNARD le Bal, 7.
   Terme de peinture et de gravure. Pinceau fin, burin fin, manière de peindre, de graver légère et délicate. On dit de même une touche fine.
   Passage fin, dégradation bien ménagée d'un ton à un autre, d'une couleur à une autre.
10°   Qui est de forme svelte, élégante.
   La tête longue et fine, le museau allongé, BUFF. Quadrup. t. IX, p. 64, dans POUGENS.
   Avoir la taille fine, avoir la taille mince et bien prise.
   Je suis assez adroit, j'ai bon air, bonne mine, Les dents belles surtout, et la taille fort fine, MOL. Mis. III, 1.
   On dit dans un sens analogue : avoir la jambe fine.
   Terme de manége. Cheval fin, cheval qui a la tête sèche, la taille dégagée et les jambes en rapport avec le corps. Se dit aussi du cheval qui répond vivement aux aides du cavalier.
   Le cheval fin est opposé au cheval grossier, VOLT. Dict. phil. Finesse..
   Terme de marine. Bâtiment fin, bâtiment qui est très rétréci dans ses fonds.
   Temps fin, temps pur et sans nuage.
11°   Qui est délié, menu. La pointe de cet instrument est trop fine. Du fil fin. Du sable fin.
   Le fin lin et la pourpre sont ses vêtements, FÉNEL. Éduc. des filles, ch. 13.
   Une industrie non moins merveilleuse lance dans vos yeux, sans les blesser, les traits de lumière réfléchis des objets ; traits si déliés et si fins, qu'il semble qu'il n'y ait rien entre eux et le néant, VOLT. Comm. sur Malebranche..
   La pâte elle-même est communément plus blanche, plus liée, plus grasse ; son grain plus fin, plus serré, RAYNAL Hist. phil. v, 27.
   Oiseaux à bec fin, ou, simplement, becsfins, nom donné, en raison de la forme de leur bec, à différents petits oiseaux.
   Aristote fait en cet endroit un dénombrement des petits oiseaux à bec fin, qui ne vivent que d'insectes ou qui du moins en vivent principalement, BUFF. Ois. t. IX, p. 263, dans POUGENS.
   Se dit des étoffes faites avec des fils très fins. Un drap fin. Une toile fine.
   Substantivement. Terme de blanchisseuse. Travailler en fin, travailler dans le linge fin. On dit également blanchisseuse de fin.
12°   Plume fine, plume à écrire dont le bec est fin. On dit de même un crayon fin, un pinceau fin.
   Substantivement. Le demi-fin, écriture un peu plus grande que l'expédiée ordinaire.
   Écrire en fin, employer la plus fine écriture.
13°   En parlant des sens, qui a une grande sensibilité, qui perçoit exactement les moindres impressions, Avoir l'odorat très fin, l'oreille, l'ouïe très fine.
   Terme de chasse. Avoir le nez fin, se dit d'un chien qui chasse avec succès dans la poussière et pendant la chaleur ; et fig. avoir le nez fin, avoir beaucoup de sagacité.
   Phelippeaux, qui avait le nez fin, en avertit longtemps [de l'infidélité du duc de Savoie], sans qu'on voulût le croire, SAINT-SIMON 122, 90.
   Fig. Avoir l'oreille fine, se connaître en musique, remarquer jusqu'aux moindres fautes des exécutants.
14°   Qui n'est appréciable que par un esprit pénétrant ou un goût délicat. Une expression, une pensée fine. Une fine plaisanterie.
   Les uns comprennent bien les effets de l'eau ; en quoi il y a peu de principes, mais dont les conséquences sont si fines qu'il n'y a qu'une grande pénétration qui puisse y aller, PASC. Pensées, part. I, art. 10.
   Un chancelier offrant un jour sa protection au parlement, le premier président se tournant vers sa compagnie : Messieurs, dit-il, remercions M. le chancelier, il nous donne plus que nous ne lui demandons ; c'est là une réponse très fine, VOLT. Dict. phil. Finesse..
   Le sujet de ce petit poëme est si fin que beaucoup de personnes ne l'ont pas entendu, DIDER. Salon de 1765, Oeuvres, t. XIII, p. 195, dans POUGENS..
   Hormis quelques mots fins qu'il [M. Necker] plaçait çà et là, personnage muet, il laissait à sa femme le soin de soutenir la conversation, MARMONTEL Mém. X..
   L'analogie donne la raison de l'usage ou le corrige ; elle est la partie la plus fine de la philosophie même du langage, VILLEMAIN Dict. de l'Acad. Préface, p. XXI.
15°   Il se dit de l'esprit, du goût, du jugement, etc. pour en signifier la subtilité, la sagacité. Avoir le goût, le jugement fin.
   Les esprits fins sont ceux qui remarquent par la raison jusques aux moindres différences des choses ; qui prévoient les effets des causes cachées, peu ordinaires et peu visibles ; enfin ce sont ceux qui pénètrent davantage les sujets qu'il considèrent, MALEBR. Recherche, II, II, ch. VIII, 1.
   L'esprit fin est souvent faux, précisément parce qu'il est trop fin ; c'est un corps trop délié pour avoir de la consistance, DUCLOS Consid. moeurs, chap. 13.
   Regard fin, physionomie fine, qui annonce de l'esprit.
   Son souris aussi fin qu'il paraît gracieux, BOISSY Deh. tromp. I, 1.
16°   Rusé, adroit, pénétrant. C'est un fin matois.
   Car si cette Africaine aussi fine que belle Emploie à se sauver quelque ruse nouvelle...., MAIR. Sophon. III, 1.
   L'épouse indiscrète et peu fine, LA FONT. Fabl. VIII, 6.
   L'homme à qui nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde, MOL. Am. méd. III, 3.
   Il faut être bien fin pour remarquer cette différence, PASC. Amour..
   Quand je suis déguisé, je le donne au plus fin, Si, me voulant connaître, il n'y perd son latin, TH. CORN. l'Inconnu, I, 1.
   C'est avoir fait un grand pas dans la finesse que de faire penser de soi que l'on n'est que médiocrement fin, LA BRUY. VIII.
   Plus fin que lui n'est pas bête, se dit d'un homme fort adroit, fort rusé.
   J'entends, plus fin que vous n'est pas bête, monsieur, HAUTEROCHE le Deuil, sc. 1.
   On dit dans le même sens : Bien fin qui l'attrapera.
   Il se dit de certains animaux. Le renard est très fin.
   Ils [les merles] passent communément pour être très fins, parce qu'ayant la vue perçante, ils découvrent les chasseurs de fort loin, et se laissent approcher difficilement, BUFF. Ois. t. VI, p. 3, dans POUGENS.
   Fig. C'est un fin renard, une fine bête, une fine mouche, c'est une personne fort rusée.
   Fig. et populairement. C'est un fin merle, un fin matou.
   Substantivement.
   Quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte ; je le confesse, à ma très grande honte ; et pourtant de plus fins y ont été pris comme moi, P. L. COUR. Réponse aux anonymes..
   C'est un gros fin, ou il est fin comme une dague de plomb, se dit de quelqu'un dont on découvre aisément ce qu'il croit cacher adroitement.
   Il joue ici le rôle de ce qu'on appelle un gros fin, et rien n'est ni moins tragique ni plus mal imaginé, VOLT. Comm. Corn. Rem. Rodogune, Oeuv. t. LXVI, p. 277.
   Faire le fin, se piquer de ruse, d'adresse, de finesse. Ce lourdaud veut faire le fin.
   Faire le fin d'une chose, ou, simplement, faire le fin, ne vouloir pas découvrir ce qu'on en sait, ce qu'on en pense.
   N'en fais donc point la fine, et vainement ne cache Ce qu'il faut, malgré toi, que tout le monde sache...., RÉGNIER Dial..
   Je vous embarrassai, n'en faites point la fine, CORN. Ment. V, 6.
   Mais je ne t'en fais pas le fin, Nous avions bu de je ne sais quel vin Qui m'a fait oublier tout ce que j'ai pu faire, MOL. Amph. II, 3.
   Familièrement. Jouer au fin, au plus fin, c'est-à-dire à qui sera le fin, le plus fin, user d'adresse pour venir à bout de ce qu'on se propose.
   Il faut jouer au fin contre un esprit si double, CORN. Veuve, I, 3.
17°   Il se dit des choses qui décèlent de l'adresse, de la ruse. Le tour est fin.
   Je sais des gens de cour quelle est la politique ; J'en connais mieux que lui la plus fine pratique, CORN. Poly. V, 1.
18°   Adv. Terme de billard. Prendre une bille fin, trop fin, la toucher sur le côté. On dit aussi prendre le fin d'une bille.
   On dit encore adjectivement : Prenez la bille très fine.
19°   S. m. Ce qu'il y a de décisif, de principal.
   Voilà qui est spirituellement remarqué, et c'est prendre le fin des choses, MOL. Critique, sc. 7.
   Il faut être théologien pour en voir le fin, PASC. Prov. 1.
   Ce qu'il y a de plus caché en une affaire.
   De concert avec la Palatine, je leur fis voir le fin des intentions de Monsieur, RETZ III, 150.
   Tirer le fin du fin, tirer d'une affaire tout ce qui s'en peut savoir.
   Savoir le fort et le fin d'un art, le connaître parfaitement.
   ....Tu sais de leur art et le fort et le fin, BOILEAU Sat. VIII.
   Faire naître les conspirations, les étouffer, c'est le fort et le fin de la science des hommes d'État, P. L. COUR. Lett. X..
   On dit de même : savoir le fin. Je sais le fin du jeu.
   Sans avoir saisi le fin du métier, je ne laissai pas d'en prendre la marche courante, assez pour pouvoir l'exercer rondement, J. J. ROUSS. Confess. VIII.
20°   Le fin de l'autruche, ce qu'il y a de plus délié dans le plumage de l'autruche. Fin à pointes, les plumes les plus noires de l'autruche, les plus propres à faire des panaches.
   Fin d'once, fin de rame, fin bédelin, plusieurs sortes de coton que l'on tire du Levant.
21°   Dans un langage très vulgaire, la plus fine, les excréments, la matière fécale. Et dit-on que de la plus fine Son brun visage fut lavé, Cabinet sat. dans LE ROUX, Dict. comique.
PROVERBES
   Fin contre fin n'est pas bon à faire doublure, n'est pas bon pour double, ne vaut rien pour doublure, c'est-à-dire il ne faut pas entreprendre de tromper aussi fin que soi. On dit dans le même sens : Il ne faut pas mettre fin sur fin.
   Il est fin à dorer, il a beaucoup de finesse, proprement il vaudrait la peine d'être doré.
   XIe s.
   Diz muls chargez du plus fin or d'Arabe, Ch. de Rol. LI.
   XIIe s.
   Loyaus amors et fine et droituriere, Couci, XVIII.
   S'avec ces biens [beauté et courtoisie] [vous] accueillez felonie, Vostre fin cuer [vous] en feriez blasmer, ib. XXI.
   Nule chançon ne m'agrée S'el ne vient de fine amor, ib. I.
   Et fins amans destrois et angoisseus Doit joie avoir par jugement d'amors, ib. VII.
   Tant [j'] ai d'amour mon fin cuer esprouvé Que jà sans lui n'aurai joie certaine, ib. XIV.
   XIIIe s.
   Et Johannis fist assaillir la cité et la prist par fine force, VILLEH. CLVII.
   Mais ele par estoit de si fine nature...., Berte, XLII.
   Bertain [elles] treuvent ouvrant d'oeuvre très fine et vraie, ib. LVIII.
   Car elle ert [était] apensée, et bone et sage et fine, ib. LVI.
   Et por ce que fins amans soies, Voil-je [veux-je] et commans que tu aies En ung seul leu tout ton cuer mis, la Rose, 2249.
   XIVe s.
   La dame estoit si fine belle, Que n'avoit dame ne pucele Ens el païs qui l'ateindist [l'atteignît], Roman de Couci, v. 6176.
   C'est celuy, pour sçavoir le fin, Que soubs couleur d'allegorie En secrette philosophie Argent vif [on nomme], Traité d'alchim. 50.
   XVe s.
   Amours, veuillez moi conforter ; Regardez mon cueur qui se pasme, Qui est tout fin prest de finer, AL. CHARTIER Poésies, p. 791, dans LACURNE.
   Nous mourons de fine famine, Pathelin.
   Vous en estes un fin droict maistre [de tromperie], ib..
   Le roy leut la lettre seul, et puis se retira en une garderobbe tout fin seul, COMM. IV, 5.
   Au long de la riviere et sur le fin bort, COMM. I, 9.
   Et si estoit en fin cueur d'yver, COMM. II, 3.
   En depit de vous, il a abbatu vostre escu qui pendoit à l'arbre ; et se vous à autre qu'à luy vous enprenez, ce sera, dit-il, fine recreantise, Lancelot du Lac, t. II, f° 92, dans LACURNE.
   Versez du vin, et leur donnez Du fin meilleur...., Recueil de farces, p. 292.
   XVIe s.
   [Il] M'a ja fait maistresse passée [dans cette danse] De fine force, par mon ame, De me dire : tournez, madame, MAROT II, 110.
   Si en enfer il sçet quelques nouvelles De sa seurté, au fin fons il se fourre, MAROT III, 8.
   Si me voulez en donner une bonne [haquenée], Sçavez comment Marot l'acceptera ? D'aussi bon cueur comme la sienne [qui ne valait rien] il donne Au fin premier qui la demandera, MAROT III, 20.
   Pantagruel, duquel la renommée me avoyt icy attiré du fin fond de l'Angleterre...., RAB. Pant. Il, 20.
   avez vous treuvé en la confrairye des faultiers ? Jamais, jamais, on grand fin jamais, RAB. ib. III, 11.
   S'attendant qu'elle auroit son petit picotin pour le fin moins, DES PÉRIERS Contes, XXXIV.
   Les fines gents remarquent bien plus curieusement et plus de choses, MONT. I, 233.
   Il n'y a si fin d'entre nous qui ne se laisse embabouiner de cette contradiction, MONT. I, 370.
   En Italie, où il y a plus de beauté à vendre et de la plus fine, MONT. III, 5.
   Ce barbare, qui aimoit les personnes fines et mauvaises, avoit en admiration sa facilité de.... , AMYOT Alc 47.
   L'ordinaire de nos anciens estoit d'employer le mot de fin pour bon en toutes les occurrences qui se presentoient, PASQUIER Recherches, p. 756, dans LACURNE.
   À fin, dit-on, fin et demi, MONTLUC Mém. t. I, p. 150, dans LACURNE.
   Berry, fin premier, le premier de tous ; tout fin seul, tout seul ; le fin bord d'un fossé ; le fin faît, le sommet ; provenç. fin, fi ; catal. fi, espagn. portug. et ital. fino. Il y a dans le h. allem. fin, dans l'allem. fein, fin, dans l'anglais fine, beau ; mais, d'après Diez, ces mots ont passé du roman dans les langues germaniques. Le sens propre de fin est parfait, vrai, pur : fin or, fine amor, fine verité. Diez pense que fin provient, par apocope, du latin finitus, fini, achevé, parfait. Pour de pareils raccourcissements il cite le provençal clin de clinatus, l'espagnol cuerdo de cordatus, l'italien manso de mansuetus. C'est cette étymologie qui a déterminé la classification des sens : l'or fin, c'est l'or fini, parfait ; puis viennent les sens d'excellence, de perfection ; puis celui de svelte ; puis celui de menu, délié ; puis figurément ceux de spirituel et de rusé.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
2. FIN.Ajoutez :
22°   Les fins, nom d'une secte à dévotion exagérée, en Hollande.
   Vous avez en France les convulsionnaires ; en Hollande on connaît les fins ; ici [en Prusse] les piétistes, VOLT. Lett. du roi de Pr. 13 sept. 1766.
   Au fin moins se trouve dans saint François de Sales : Tout cela n'est qu'artifice et une sorte d'humilité non-seulement fausse, mais maligne, par laquelle on veut tacitement et subtilement blâmer les choses de Dieu, ou au fin moins couvrir d'un prétexte d'humilité l'amour-propre de son opinion, de son humeur et de sa paresse, Introd à la vie dévote, III, 5. Au fin moins est l'équivalent de ce que nous disons aujourd'hui tout au moins. Fin, dans cette locution, a un emploi analogue à celui de la locution fin premier (voy. fin 2, n° 5).

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.

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